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Livre sur la place
Le grand monsieur PennacHier soir l'écrivain Daniel Pennac s'est prêté au jeu d'une rencontre organisée par Françoise Rossinot. 1.500 personnes sont venues se régaler de ses bons mots.
Que sera la littérature dans trente ans ? « Peut-être que des ours polaires seront assis à vos places, ils auront eu la sagesse d'apprendre à lire. Ils ne peuvent de toute façon plus vivre sur la banquise ». Eclat de rire général. Daniel Pennac fait le pitre mais, attention, il n'est jamais ridicule. Ses mots sont choisis.
Le président du Livre sur la Place est un farceur. Hier soir, lors de sa rencontre avec Françoise Rossinot, il a fait l'unanimité. Il est venu parler de l'école, ou plutôt de l'éducation, sans apporter avec lui de recette miracle. L'ancien professeur n'est pas donneur de leçon. Il ne parle que de plaisir. De celui qu'il éprouve à lire et à écrire, de celui qu'il faut aller réveiller chez les cancres. Il raconte : « Quand j'étais enseignant je faisais corriger les copies de mes classes de seconde par les classes de sixième. Un jour, un petit qui avait repéré une faute d'accord m'a demandé ce qu'il devait mettre dans la marge. J'ai attendu avant de regarder. Il avait tout simplement écrit connard ». Des anecdotes comme celle-là, Pennac en a à la pelle. L'ancien professeur est pédagogue. Avec les adultes comme avec les enfants, un fou rire et le message passe : « Apprendre un texte différent chaque semaine, ça ne sert à rien sinon à faire travailler un muscle ». Questionnaire de PivotQuelques minutes avant le départ de Daniel Pennac pour sa séance de dédicace, les spectateurs ont eu la chance de l'entendre répondre au questionnaire de Bernard Pivot. Florilège. - Votre mot préféré ? - Epanchement de synovie. Quand j'imagine synovie s'épancher je suis dans tous mes états. - Le mot que vous détestez ? - Improbable. Sous couvert d'une certaine distinction, il remplace des mots comme exaltant, surprenant. - Le son, le bruit que vous préférez ? - La cafetière du matin, c'est moche et c'est une promesse délicieuse. - Votre juron, gros mot ou blasphème favori ? - Bordel de merde, il faut que je réfléchisse ! - Le métier que vous n'auriez pas aimé faire ? - C'est une bonne question. Il faut en effet prendre en compte le bonheur de n'être pas. - La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ? - Un « gestede », c'est un bonzaï d'une délicatesse inouïe qui ne s'arrose qu'avec des premiers crus de bordeaux. -Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ? -C'est moi qui parlerai. Je lui demanderai : Pivot est là ? Magalie DELLE-VEDOVE19/09/08 |
![]() 900 personnes à l'Opéra et 500 personnes dans le hall de l'hôtel de ville pour la retransmission.
Daniel Pennac a confié à Françoise Rossinot son gros chagrin d'école. Irrésistible !
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